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Un an de slow life dans les Vosges : le bilan

Le 1er septembre, nous avons officiellement fêté notre première année révolue dans notre chalet vosgien. C’est donc l’heure du bilan ! Et il sera marqué par un maître mot : Changement.

Première promenade dans la forêt autour du chalet.

Les premières découvertes : l’émerveillement

Les premiers jours suivants notre arrivée ont été idylliques, malgré la fatigue accumulée par le déménagement. L’idée de vivre dans un chalet bordé de forêts, au calme, nous enthousiasmait au plus haut point ! D’ailleurs, la première nuit que nous avons passée chez nous fut la première où nous avons pu dormir d’une traite, depuis plusieurs années !!! Exit les klaxons intempestifs, badauds bourrés, dealeurs énervés sous nos fenêtres…. Bonjour calme, criquets, oiseaux et coq ! Quelle douceur !

Citadine depuis plus de dix ans, mais avec une âme rurale profondément encrée en moi, j’ai immédiatement chaussé mes chaussures de randonnée et arpenté le relief sur une circonférence de 20 kilomètres autour de notre chalet. Les lacs, les rivières, les cascades, les forêts… tout y est passé. Et comble de merveille, l’automne s’installait doucement, parant les arbres de ses plus belles couleurs… Ainsi, à chaque nouveau lieu exploré, cette phrase retentissait dans ma tête :

Mais quelle chance j’ai de vivre là…. c’est tout ce à quoi j’ai toujours aspiré, et c’est tout ce dont j’ai toujours rêvé!

Réapprendre à vivre simplement

Nous avons cependant du nous réhabituer à ne plus avoir tout à portée de main, à n’importe quelle heure… les magasins ferment au grand maximum à 19h30, et pour ce qui est du shopping, excepté les enseignes de fast fashion bas de gamme (je ne parle ici même pas de H&M ou Zara, dont les premières enseignes sont à plus d’une heure de route), c’est le néant….

Et ce n’est pas plus mal !

Cela faisait partie de nos objectifs : consommer moins, mais mieux. nous avons donc vite pris le pli de faire une bonne partie de nos courses alimentaires à la ferme, nous avons découvert une merveilleuse librairie, et aussi un super cinéma d’art et essai . Enfin, l’apothéose fut lorsque nous avons découvert une divine pizzeria juste en bas de chez nous !

Avant, lorsqu’une/un copine/copain m’écrivait un sms, c’était pour me proposer de boire un coup ou d’aller flâner en ville : maintenant, c’est pour me proposer des steaks d’une vache abattue dans la journée, ou 30 kilos de patates… C’est plutôt amusant.

Petit à petit nous avons donc pris un tout autre rythme que celui que nous avions à Grenoble, délaissant le stress permanent au profit d’un bien-être certain. Nous assistions à des évènements : Festival International de Géographie, rencontres avec des auteurs, Festival de l’écologie, portes ouvertes dans une boutique / atelier bien-être formidable

L’Alsace de l’autre coté du col nous permettait de voir de magnifiques paysages dignes des plus beaux décors de films, et l’Allemagne, à 1h15 de route, nous permettait de nous évader le temps d’une journée pour visiter un musée, ou juste pour le plaisir d’être dépaysé le temps de quelques heures.

Finalement, il y avait de quoi faire !…. Jusqu’au grand retour des confinements et autres mesures restrictives liées au pass sanitaire.

Nous sommes alors très vite passés de la vie en ville à l’exile en montagne.

Une vie entre les sapins et soi-même

Au début, les confinements et restrictions ne m’ont pas dérangée. J’ai continué à explorer, découvert les paysages enneigés, ramassé beaucoup (genre vraiment beaucoup) de myrtilles, de champignons… J’ai rencontré beaucoup de cervidés, martres, hermines et autres renards.

J’ai créé mon potager et ai fait en sorte d’avoir de quoi manger pour toute l’année dans les trois parcelles qui le composent. J’ai laissé tomber toute pression sociale et cela m’a fait un bien fou. plus de maquillage, de pression vestimentaire…

Mais petit à petit, cette solitude à fait que je me suis complètement éloignée du monde, de la réalité, de l’être humain, jusqu’à m’en déshabituer. Je me suis créé ma bulle, avec Hervé et notre chat Léonard (et la Nintendo Switch, je l’admets). Voir du monde en soirée devenait même difficile et fatigant. Il m’a donc fallu retrouver un certain équilibre à ce niveau là.

La trêve hivernale : Retour à Grenoble

Bien évidemment, une chose me manquait (et me manque toujours) cruellement dans les Vosges : Mes amies, mais aussi quelque part, parfois, ma vie de citadine… Après cette retraite imposée par le contexte sanitaire, j’ai donc décidé, à l’aube de mes 31 ans, de faire un petit séjour d’une semaine dans la capitale des Alpes. je pense sincèrement avoir passé une des plus belles semaines de ma vie. Entourée des gens que j’aimais, qui m’avaient tant manqué. J’ai fait le plein d’amour et de bonnes vibes. En l’espace d’une semaine, j’ai vécu ma vécu d’avant sans les inconvénients. J’ai apprécié Grenoble sans les aspects pour lesquels j’en suis partie.

En revanche, j’ai expérimenté la chose la plus étrange du monde : loger chez mon ancienne voisine de palier, à coté de mon appartement que j’ai loué à des étudiantes ! Très Très space…

La socialisation dans les Vosges : Un vaste sujet…

De retour dans mes jolies montagnes forestières (qui m’avaient franchement manquées après une semaine de ville intense), je reprends mon rythme dans le calme et la neige. Cependant, s’il existe un point négatif dans les Vosges, il se situe dans la sociabilisation.

En effet, à l’image du climat, les Vosgiens sont de prime abord froids et rudes. Un épaisse carapace qui, lorsqu’elle est percée, laisse entrevoir un coeur tout doux, et une amitié sincère (Tout le contraire du sud où j’ai grandit). Aussi, nous sommes en milieu rural, et donc, sans vouloir à aucun moment paraître pédante, les moeurs ne sont pas les mêmes qu’en ville. J’ai pu constater que les discussions tournent principalement autour « des autres », et que lorsque l’on souhaite parler culture ( ne serait-ce que d’un tableau, un film ou un bouquin), on se retrouve la plupart du temps face à des regards hagards et un désintérêt total. Ce qui plaît ici, ce sont les ragots, faire le résumé de la soirée au bal du village (qui se termine souvent par une baston), ou parler des promos de charcuterie chez le boucher du coin…. Sans oublier les discours tous faits sur le sempiternel Covid.
C’est différent, alors il va falloir s’y habituer.

On fait parfois de très belles rencontres, et ce fut mon cas…avec deux personnes. En plus d’un an, je n’ai rencontré que deux personnes… Mais je suis tellement reconnaissante qu’elles aient été mises sur mon chemin.

Néanmoins, nous avons un petit groupe des copains d’enfance d’Hervé et son frère, avec qui nous avons l’occasion de faire quelques soirées et sorties. Grâce à eux, j’ai pu avoir le bonheur de découvrir le brame du cerf, au milieu d’une clairière, en pleine nuit. ce fut un moment magnifique, magique même.

Reconversion professionnelle

Fatalement, mon projet de reconversion professionnelle prend beaucoup plus de temps que prévu. Je dois m’adapter au marché local, à ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. J’oublie d’ores et déjà la culture (je n’en voulais de toutes façons plus, excepté l’écriture que je garde en à côté) et me consacre à la terre et à un tout autre type de culture. Après avoir passé l’été à travailler chez des exploitants bio, j’ai découvert un monde merveilleux et des agriculteur formidables. Le maraîchage est sans doutes l’expérience professionnelle la plus chouette que j’aie pu vivre jusqu’à présent. J’ai appris tellement de choses en deux mois, sur la terre, les maladies, mais aussi sur l’humain qui se cache derrière les fruits et légumes que l’on consomme.

Ma super copine
Dans les serres à tomates des Champs des Coteaux
Le bel étal de la ferme du Pré de la fosse

La nature qui m’entoure me permet de créer, bricoler, bidouiller, imaginer…. Reste à me créer mon métier à mon échelle. Du sur mesure.

Mais c’est long, difficile, effrayant et je vais d’espoirs et désillusions. J’ai pourtant bon espoir qu’un jour, je trouve l’activité qui me corresponde et qui marche 🙂

Les regrets

Alors oui, j’ai la chance d’habiter dans un chalet, d’être un peu en altitude, en lisière de forêt, d’avoir des départs de randonnée en sortant de chez moi, d’avoir une neige de folie l’hiver, et une chouette pour me bercer au printemps, oui j’ai (sauf cette année because météo de merde) une opulence de châtaignes, de champignons et de myrtilles, j’ai aussi la possibilité de manger ce que je produit, et d’acheter plus sain et plus raisonné. Oui, c’était mon souhait le plus cher en venant m’installer ici. Mais (parce qu’il y a toujours un « mais »), tout n’est pas rose ici. Et je trouve important, au delà des photos dignes de décors de films et du paraître que l’on montre parfois sur les réseaux sociaux, de terminer cette article sur mes regrets. Car il y en a. et quiconque plaquera tout pour changer de vie aura des regrets, c’est normal, humain et c’est OK.

  • Mes amis. Ce petit cercle solide d’amis que je considère comme ma famille et qui a toujours été là dans les bons comme les mauvais moments. Ces copines et copains que j’appelais sur un coup de tête pour aller boire un verre ou pour flâner en ville, c’est petit être merveilleux qui étaient là pour m’écouter ou essuyer mes larmes quand ça n’allait pas. Ils ne sont plus là, auprès de moi. Et ça, c’est une douleur viscérale au quotidien encore. Je ne passe pas une journée sans penser à eux, et surtout à elles. Je ne passe pas une journée sans me remémorer les bons moments que nous passions ensemble. Je ne passe pas une semaine sans leur écrire et vice versa. Parce que oui, malgré les kilomètres, ils sont toujours là pour moi. Loins, mais là. A Grenoble j’avais aussi trouvé mon âme- soeur, Laurie. Cette amie qui en apparence ne vous ressemble pas du tout, mais qui à l’intérieur est presque exactement comme vous, vous comprend mieux que personne et que vous comprenez mieux que personne. Je donnerais cher pour pouvoir me téléporte de temps en temps à ses coter pour aller boire une bière en refaisant le monde, ou pour visiter une expo et se raconter les potins.
  • Ma vie d’avant (en occultant tout le côté négatif qui m’a fait partir). Même si pour rien au monde je ne retournerai vivre à Grenoble (pour l’instant du moins), je suis profondément nostalgique de cette ville où j’ai passé 10 années de ma vie, parmi les plus belles. Je suis nostalgique de tous les beaux moments passés dans ses rues : le Jardin du thé, les coffee shop, les vernissages dans les différents musées de la ville, la vue de la Bastille, les rondos en Belledonne, Chartreuse et Vercors, la biennale art et sciences, les colloques et autres rencontres avec des auteurs, le marché de noël, les petits restos comme le Séoul, le Bambou vert, la Chapelle ou encore le Mangal et Greg and Jerry’s… le marché de l’estacade, les matchs de Hockey sur glace des brûleurs de loups, les petits commerçants, les parcs, le campus, ma biocoop, le street art fest, l’hyper-centre, les cours de yoga, les bibliothèques, les berges du Drac, La belle électrique et ses concerts fabuleux, le Cabaret frappé, le tram, traverser la ville à vélo ou à trottinette, les escaliers d’immeubles… Toutes ces choses qui me stimulaient et qui ne font plus partie de mon quotidien en somme… Alors non, je ne me sens toujours pas pleinement chez moi dans les Vosges, mais oui, je sens que ça va bientôt venir ❤

Je vous laisse avec un petit panaché des belles choses de Grenoble.

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