Déphasage. Minimalisme. Répétition : Anne Térésa de Keersmaeker & Steve Reich

L’année 2002 fut marquée par deux découvertes culturelles majeures dans ma vie : celle de Steve Reich, que j’ai eu la chance d’analyser en classe de musique ; et celle de Anne Térésa de Keersmaeker, dont Arte avait rediffusé le ballet Fase.

(malheureusement, les images d’archives que l’on peut trouver sont de très mauvaise qualité.)

Ayant toujours apprécié les sons expérimentaux et la danse contemporaine, le mélange de ces deux artistes singuliers me sembla être le combo parfait. Cette émoi fut élevé à son paroxysme lorsque je vis le dit ballet de mes propres yeux en Avignon quelques années plus tard.

Je trouvais donc intéressant de rédiger ici, un article tournant autour de ce tissage de danse et de musique, chez ces deux artistes.

La virtuose de la danse contemporaine et le « déphaseur » de la musique minimaliste

Anne Teresa de Keersmaeker est née le 11 juin 1960 à Malines (Belgique). Elle fut très vite intéressée par la danse, et commença a prendre des cours dès l’âge de dix ans. Ce loisir devenant une passion, elle intégra l’école Lilian Lambert de Bruxelles, réputée pour ses ballets classiques, puis fut acceptée à la Mudra, établissement créé par le célèbre chorégraphe Maurice Béjart, à Bruxelles. Par le biais de ses formations, De Keersmaeker va s’intéresser tout particulièrement au post-modernisme, mais aussi à la danse Américaine. Ayant obtenu une bourse, elle alla s’installer à New-York de 1980 à 1982 pour parfaire ses connaissances à la Tisch School of the Arts. De là sa passion pour une danse à la fois répétitive, minimaliste et géométrique, de même que ses nombreuses collaborations, avec tout un panel d’artistes de renommée. En 1983, la chorégraphe monte la compagnie Rosas, toujours active à l’heure actuelle. Elle fonda également sa propre école en 1995, afin de partager sa vision de la danse contemporaine. Marquant le monde par son art et sa finesse d’esprit, elle reçut de nombreuses distinctions parmi lesquelles le titre de Baronne (1996) et de Commandeur de l’ordre des arts et des lettres (2008).

© Anne Van Aerschot

Steve Reich, de son vrai prénom Stephen Michael Reich, vit le jour le 3 octobre 1936 à New York. Il grandit au sein d’une famille divorcée, dont les gardes alternaient entre New York et Los Angeles. C’est donc tout naturellement, que le jeune homme fut initié à divers types de musiques et qu’il monta au cours de son adolescence, un groupe de Jazz dont il était le batteur. Car plus que tout, ce qui anime Reich, ce sont les rythmes. Il sortit ainsi diplômé en philosophie et en histoire de la musique de la Cornell University en 1957 et il entama en 1958, un cursus musical à la Juilliard School of Music de New-York. Il se spécialisa très vite dans le piano et les percussions. En 1963, il obtient un master d’Art et trois ans plus tard il forma son « vrai » premier ensemble composé de trois musiciens nommé « Steve Reich and the musicians ». Très vite, d’autres artistes intégrèrent l’ensemble jusqu’à arriver au nombre de 18, point d’apogée qui lui permit de composer Music for 18 musicians.

File:Steve Reich - Music for 18 Musicians.jpg
© Flavio Ferrari

Il passa le reste de son apprentissage en Afrique ou en Indonésie où il se consacrera à l’étude des percussions. Outre de nombreux prix et distinctions, Steve Reich fut nommé commandeur des arts et des lettres en 1999, à l’instar de Anne Térésa de Keersmaeker.

Deux compositions marquèrent particulièrement les esprits : Different trains, reprenant des témoignages de la seconde guerre mondiale et qui lui permit d’obtenir un Grammy Award en 1999 ; et Check it out, dans City Life, dont le parti pris de créer une mimesis entre les instruments et les voix offrirent quelque chose de novateur dans l’histoire de la musique. Ainsi, steve reich devint un monument dans son domaine, il est toujours étudié dans les collèges et apparait même comme étant le père de la musique électronique pour certains.

C’est lorsqu’il fit la rencontre de Terry Riley que Steve Reich commença son travail de « phasage / déphasage », de même qu’il fera partie des pères fondateurs de la musique minimaliste.

Selon le Times, serait « le plus grand compositeur vivant », et ses nombreuses compositions sont régulièrement interprétées par de nombreux et prestigieux orchestres.

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© Jeffrey Herman

La musique minimaliste ou répétitive : transcendance et obsession

Qu’est-ce que la musique minimaliste ?

Selon le compositeur et critique musical américain Tom Johnson, il s’agit de « toute musique fonctionnant à partir de matériaux minimaux », c’est à dire en général un seul et même instrument, travaillé avec peu de variations, des mesures réduites et donc en conséquence une répétition obsédantes de celles-ci.

Si l’on essaye de résumer les différentes définitions que nous proposent la toile et les dictionnaires, dans la musique minimaliste, les instruments sont limités au minium (peuvent par exemple être les mains, le son du moteur d’une voiture etc….), mettant l’accent sur le rythme, la sonorité, et aussi une belle et simple harmonie. Le principe de la musique minimaliste – et c’est aussi pour cela que l’on va l’associer à la musique répétitive – est que l’ensemble doit être composé de boucles répétées et pouvant varier sensiblement d’une à l’autre. Il est souvent dit que la musique répétitive fut le point de départ de la musique Techno. Et à juste titre, puisqu’un mouvement musical électronique a émergé au cours de l’année 2006 : la techno minimale. À l’instar de la musique répétitive, elle se repose sur les rythmes de sonorités électroniques différents, sans pour autant s’attarder sur une mélodie, et tout en étant obsédante et répétitive.

un exemple de techno minimale, Agujas de Maxime Dangles, sorti en 2007.

Il est tout de même important de préciser que steve reich n’a pas l’exclusivité de la musique minimaliste ou concrète, les autres principaux représentants de la musique minimaliste répétitive sont Terry Riley, bien évidemment, La Monte Young ou encore Philip Glass et Érik Satie.

Steve Reich, phasage et déphasage 

Le concept de Phasage et de Déphasage est propre Steve Reich. Il s’agit d’un décalage progressif entre deux instruments ou deux bandes sonores jouant le même motif musical (on parle alors de boucles, comme dans Come Out ou It’s gonna rain) caractérisé par l’accélération et du ralentissement léger de l’un d’eux. L’effet obtenu est similaire-visuellement- à celui des vagues de balanciers :

Ainsi, à l’instar du balancier, les boucles musicales se « phasent » (sont jouées en même temps) et se « déphasent » (se décalent peu à peu les unes des autres).

Steve Reich s’est d’abord inspiré du compositeur Luc Ferrari sur l’emploie d’une bande magnétique dans ses compositions. Elles lui permettent de doubler ses boucles sonores, et ainsi, de créer des variations à l’aide d’une (double) pédale ou d’un instrument. Cependant, lors des concerts, puis de manière plus générale, les bandes magnétiques seront mises de côté au profit d’instruments réels, qui sont alors démultipliés en fonction des variations souhaitées.

©bmol.bm-grenoble.fr
Par exemple ici, lors de la représentation de Music for 18 Musicians par l’ensemble Links, on comptait pas moins de « 4 pianos à queue face à face, 5 marimbas, 1 vibraphone » (sources cf. crédit mentionné ci-dessus)

Quand De Keersmaeker se laisse aller sur Reich…

De nombreuses compositions de Steve Reich ont servi de support créatif à Anne Térésa de Keersmaeker. Nous allons ici nous attarder sur le ballet qui fut le plus marquant et le plus intéressant d’un point de vue analytique : Fase four movments to the music, dont la première représentation eut lieu en 1982. Il s’agit du second ballet crée par Anne Térésa de Keersmaeker, mais aussi du premier ayant pour support, la musique de Steve Reich.

Pendant plusieurs années, la pièce sera dansée par Anne Térésa et sa plus fidèle danseuse Michèle Anne de Mey. Par la suite, elle sera interprétée par de multiples danseuses à travers le monde.

Le ballet se compose donc de quatre mouvements – trois mouvements prévus pour deux danseuses et un pour une seule – portant les noms des compositions sonores de Reich :

Piano phase 

Ce premier mouvement de 22 minutes et pour deux danseuses est interprété sur la troisième composition minimaliste/répétitive de Steve Reich. La pièce musicale est composée de deux boucles de piano jouant le même motif musical. Du côté de keersmaeker, elle et son acolyte se tiennent sur une scène blanche d’une grand sobriété, et ont des tenues et coiffures identiques. Côte à côte elles sont plongées dans la pénombre mais leurs silhouettes sont éclairées de telle manière à projeter leurs ombres respectives, de même qu’en dessiner une troisième, centrale fusionnant les deux premières au gré de leurs mouvements. Leurs mouvements paraît simple et pourtant, il requiert une grande concentration afin de ne pas perdre le rythme imposé par Reich. Ainsi, les deux femmes tournent, s’impulsant du pied droit, et lèvent à l’horizontale le bras à chaque demi-tour. De temps à autre, elles réalisent une « ouverture », avancent légèrement, font demi tour pour recommencer le mouvements initial.

Observez à 5 minutes, le déphasage opéré par les danseuses.

Anne Térésa de Keersmaeker a travaillé sa chorégraphie sur le déphasage de Reich – c’est-à-dire le moment où les deux boucles se décalent légèrement par le biais d’une légère accélération du rythme. Une des deux danseuses va donc accélérer de façon immuable son pas pour opérer un décalage en phase avec celui de la composition de Reich. Ainsi, chacune danse la boucle d’un des deux piano. La chorégraphe appuie également l’alternance du phasage et du déphasage par le biais des ombres. L’ombre centrale étant la plus intéressante : Lorsque les deux boucles sont ensemble, l’ombre des deux danseuses ne fait qu’une. Ainsi, plus le décalage musical est important, plus on perd la mélodie de départ, plus les deux ombres s’entremêlent jusqu’à ce qu’on ait plus l’impression de voir une forme hybride que humaine.

Come out 

Compose le second mouvement de Fase et dure 13 minutes. Toujours préparé pour deux danseuses identiques, ce mouvement est néanmoins bien différent du premier, et pour cause la musique l’est aussi. Il s’agit de la seconde création musical de Steve Reich, réalisée en 1965, et ayant un certain poids historique. En effet ici, plus d’instrument, Reich joue avec les bandes magnétiques de la voix d’un homme pour créer son phasage/déphasage. Il s’agit de l’enregistrement d’un témoignage de l’un des 6 jeunes de Harlem – Daniel Hamm – qui avaient été accusés d’un meurtre lors d’émeutes. Les présumant innocents, Steve Reich avait alors écrit Come Out pour les soutenir dans leur combat avec la justice.

I had to, like open the bruise up and let some of the bruise blood come out to show them”

Ici, Come Out dansé par Anne Térésa de Keersmaeker et Michèle Anne de Mey. D’un point de vue totalement subjectif, ce ballet est celui que je préfère. Je trouve que le déphasage est admirablement bien retranscrit par les danseuses, de même que le minimalisme du cadre, le côté répétitif des vues du building collent à la perfection à la musique de Reich.

Pour la version filmée de ce mouvement, Anne Térésa place ses danseuses sur deux chaises, toujours côte à côte dans une salle vide d’un building vitré de style brutaliste.

Une « mesure » de mouvements est réalisée en même temps par les deux danseuses au tout début de la composition musicale, lorsque le jeune homme parle. Un mouvement particulier est accompagne le début du déphasage sur les paroles « Come Out to show them ». Seul de passage sonore sera répété durant les 13 min. Au début, les deux bandes sont ensembles, les danseuses également, et continuent de répéter ce mouvement frénétiques avec leur bras droit, assises, face à nous. Peu à peu, la musique et la danse se déphasent. Lorsque les deux bandes magnétiques sont tellement décalées que le son n’en devient qu’un brouhaha confus, les danseuses, toujours assises arrêtent leurs gestes et posent tout doucement leurs mains sur leur genoux pour ensuite exécuter des mouvements divers, répétitifs et violents ; marquant et rappelant, l’histoire de Come Out. Aussi, plus la composition de Reich avance, plus les danseuses accélèrent au rythme des bandes magnétiques, et tournent sur leurs tabourets de manière à ce que leurs regards ne se croisent jamais. Il y a ici comme une mise en abyme du déphasage: les danseuses dansent en décalé, et se décalent encore sur leur tabouret (dans un autre rythme, plus lent), et les tabourets eux-mêmes finissent par se retrouver non plus côte à côte, mais l’un devant l’autre. 

Violin Phase

D’un point de vue musical, Violin Fase est considéré comme une déclinaison de Piano Fase. Le phasage/Déphasage est cependant ici plus léger.

Au départ, l’œuvre musicale avait été créée pour un violon et deux autres sur bande magnétiques (en concert, cela se joue donc à quatre violons, ce qui permet de cerner la complexité de l’exercice). C’est peut-être à cause de ce violon solitaire, qu’Anne Térésa a choisi de danser seule. La seconde différence réside dans le choix du cadre, au croisement de chemins forestiers. Ensuite, pour contempler la danse et l’apprécier ans son entièreté, il faudrait la voir en hauteur. En effet, Anne Térésa de Keersmaeker exécute une danse répétitive en commençant par se balancer au rythme du violon ; puis commence à avancer en traçant un arc de cercle avec ses pieds, jusqu’à dessiner une sorte de rosace – sans doute en hommage à sa troupe – au bout des 14 min 50.

Or, cette rosace n’est pas visible si le spectateur est placé à la même hauteur que la danseuse, la vidéo filmée par Arte nous le montre bien.

Clapping Music 

Est sans doute techniquement le plus complexe. Musicalement, Clapping Music se joue à deux personnes frappant des mains un rythme/motif bien défini, qui comme à l’habitude vont se déphaser grâce à une accélération et aussi à l’intervention de bandes magnétiques, afin d’avoir une démultiplication des mains. En concert, on observe dix musiciens et Reich, tournant le dos au public, en chef d’orchestre et considérant l’homme comme un instrument à part entière. Dans la version filmée du ballet de de Keersmaeker, Steve Reich et un autre musicien frappent des mains en même temps qu’évoluent les deux danseuses.

Le rythme original a d’ailleurs été légèrement ralenti pour leur permettre de réaliser leurs mouvements. La chorégraphie est répétitive et très dynamique. Le tronc ne bouge pas, seuls les bras et les jambes s’activent, entre balancés et pointes. Le motif musical est d’abord frappé par une personne. Les deux danseuses sont immobiles. Une deuxième personne vient ensuite s’ajouter à la première : les deux danseuses commencent à exécuter leurs mouvements. Le principe sera le même que pour Piano Phase : chaque personne incarne une boucle au cours de l’inévitable déphasage. Peu à peu Anne Teresa de Keersmaeker et Michèle Anne de Mey vont également se décaler latéralement, et reculer dans l’espace, jusqu’à arriver tout près des deux musiciens. Le rythme redevient celui du départ : les claquements de mains sont ensemble, les danseuses aussi et tout s’arrête en même temps.

…Et quand Reich tombe sous le charme de ses pas

Dance Patterns, 2002

C’est ainsi qu’après 20 ans de collaboration et d’une belle amitié ; Steve Reich voulut rendre hommage à Anne Térésa de Keersmaeker qui l’a si souvent honoré par ses chorégraphies. Il imagina ainsi Dance Patterns – « pas de danse » – en 2002, composé d’un seul et même motif se découpant en cinq parties alternant allegro et adagio sur un ton différent. L’œuvre a été créée pour être jouée avec deux pianos, deux vibraphones (sorte de xylophone dont le son se répercute dans des tubes, à l’instar des orgues) et deux xylophones.

En 2004, Anne Térésa de Keersmaeker inséra Dance Patterns, dans le troisième des quatre mouvements de sa pièce Counter Phrases. Cette œuvre a encore une fois été filmée dans un cadre très urbain où se retrouve le leitmotiv des structures verticales, horizontales et vitrées. Les « pas de danse » de Reich, se retrouvent très bien dans la chorégraphie de Keersmaeker car l’accent a été mis sur les mouvements des jambes et plus précisément des pas.

Reich comme Keersmaeker rompent ici l’idée de répétition, même si la musique de Reich nous offre toujours un motif en boucle, le style est ici radicalement différent : pas de déphasage, mais à la place, une mélodie rapide. En adéquation avec la musique, de Keersmaeker n’est pas non plus dans la répétition obsessionnelle de ses mouvements, mais bien une danse libre, joyeuse, et très dynamique réalisée par trois danseurs (un homme et deux femmes).

Le début de l’œuvre doit être la plus réussie. Les trois danseurs évoluent sur une esplanade accompagnés par le seul bruit du vent, sous un temps gris. La musique démarre alors qu’une seule danseuse saute en rythme devant un rayon de soleil (un joli hasard sans doute !), et se laisse aller dans une sorte de transe solitaire avant que les autres ne la rejoignent. Reich dira lui-même : « Il est clair que la musique devrait mettre en état d’extase (fusion en elle) tous ceux qui se trouvent à porter d’écoute »* Nous avons donc la sensation que c’est cela qu’Anne Térésa de Keersmaeker a voulu démontrer à travers cette pièce. Aux environs de 2 min15, une danseuse semble mener la danse, guidée par le xylophone et le vibraphone, alors que les deux autres suivent les deux pianos. Tout fonctionne sur cette pulsation si chère à Reich. Aussi, après l’adagio à 3 minutes 35, dansé par le seul personnage masculin. Le dynamisme revient à 4 minutes 44 et laisse place aux deux autres danseuses sur un ton plus gai.

Nous sommes toujours dans cette idée d’incarnation d’instruments, de mouvements. La musique prend corps, se personnifie.

Qu’en pensent nos deux artistes ?

Anne Térésa de Keersmaeker a toujours su traduire physiquement ce que Steve Reich écrit musicalement, de même que ce dernier à toujours su trouver les notes justes pour convenir aux mouvements de la chorégraphe.

En 2008, Anne Térésa de Keersmaeker posa une série de questions à Steve Reich (dans une interview visible ici), le premier échange avait pour sujet la similitude de leur travail, dont voici un extrait :

ATDK: I feel that there is a similarity between your work and mine. One could say that we  both -especially at the beginning of our careers- used very extreme processes, like the early phase shifting pieces which I used in Fase, four movementes to the music of Steve Reich. Processes that are almost like algorithms! Twenty-five years later, our work has become more fluent. We have reached multiplicity and heterogeneity. But for my part, I feel that I accomplished this by expanding polyphony: more layers, more voices, more superimposed constraints – like in Rain. For you, I think it is partially different: the narrative aspect of the music played an important role in untying you from such processes. When I listen to City Life, for example, it sounds like a “symphonic poem”. Your music tells stories now. Do you agree with this interpretation?

SR: You’re right about our early work. We both started with extreme forms of organization that focused on one aspect of music or dance to show how that one aspect could create a whole work. In my case, the early phase pieces like Piano Phase and Violin Phase were based on slight changes in rhythmic relationship while pitch stayed constant (in Violin Phase) or changed slightly only after several minutes (in Piano Phase). Timbre never changed as only identical instruments were playing.  As for my later work, starting with Music for 18 Musicians.  I would say that all of it changes at a faster pace than the early work, though still more slowly than in most classical music. Beyond rate of change,  it depends very largely on whether you look at my vocal pieces  like Tehillim, The Desert Music, Proverb, You Are (Variations) and Daniel Variations or instrumental pieces like Six Marimbas, Eight Lines, Sextet, the four Counterpoint pieces, the Orchestral pieces, Triple Quartet, Variations for Vibes, Pianos and Strings or Double Sextet. In the vocal pieces no stories are told, but there is certainly subject matter though always treated somewhat abstractly. There is yet a third category of pieces that use pre-recorded voices and sounds of life around us, including machines. These pieces would include Different Trains (which began my return to pre-recorded voices from Its Gonna Rain and Come Out), The Cave, City Life and Three Tales. Again, no stories are ever told, but real documentary subject matter is talked about with differing implications the audience must sort out for themselves. The essence of these pieces is that they are rooted in documentary material.

  • Outre les sources disséminées en hyper lien dans tout l’article , vous trouverez d’autres sites qui m’ont aidé à préciser certains points, ci-dessous.

Rosas.be

Stevereich.com

Lamaisondeladanse.com

Lesoir.be

crédits image de bannière : Herman Sorgeloos

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