Émotionnellement Rone

Si je ne devais garder qu’un seul musicien dans ma playlist, ça serait Rone, sans hésiter.

Ça faisait très longtemps que je voulais écrire sur lui, mais plus que de faire une présentation lambda comme j’avais pu le faire pour Ashnikko ( qui a d’ailleurs – malheureusement – beaucoup changé depuis, probablement happée par le star système…), je voulais exprimer ce que j’imagine et ce qui se passe au tréfonds de mon être lorsque j’écoute Rone. Retranscrire toute la poésie qui s’en dégage, mais aussi, l’émoi dans lequel chacune de ses mesures me plonge, l’adrénaline que me procurent ses rythmiques et autres crescendo.

Résultat de recherche d'images pour "rone musique"
Extrait du visuel imaginé par Michel Gondry pour l’album Mirapolis, 2017

Je doute de la pertinence de cet article expérimental. Cela risque de paraître parfois fleur-bleue, confus, ou un peu brouillon, et je crois que je n’aurai jamais les bonnes tournures pour décrire le génie et la virtuosité de cet artiste. Mais pourquoi pas ?

Ainsi, cet article sera exclusivement écrit sur mes propres ressentis, et les propos seront rédigés en même temps que mon écoute des morceaux présentés et dans la méconnaissance des clips réalisés (oui, j’ai honte, mais je ne regarde presque jamais les clips – exception faite pour Björk -, de peur peut-être, que tout mon imaginaire n’en soit influencé ?), bien que figurant ici. Enfin, l’ordre de présentation sera comme le reste : au gré de mes émotions et de mes envies, de même que certains morceaux seront peut-être plus argumentés que d’autres. FRRRRRRREESTYLE !

Comment je m’imagine Rone ?

Pour commencer, la musique de Rone m’a toujours donné l’impression de refléter l’individu que je l’imagine être : Une belle personne, poétique, la tête dans les étoiles, un amoureux des grands espaces, et des choses simples. Vous savez, ce genre de personne qui serait volontiers votre ami, et si c’était le cas, il ferait partie de ces amis fidèles que l’on garde toute une vie.

photo de l'artiste electro Rone
© Flavien Prioreau

Une personne généreuse, qui prend plaisir à faire son métier. Pour cela, il suffit de le voir à l’œuvre, lors de ses concerts. Je vais régulièrement à des concerts, et pour l’heure, Rone est le seul artiste qui me bouleverse encore plus sur scène, qu’à l’écoute de ses albums. L’acharnement qu’il donne sur ses machines est aussi impressionnant et beau à voir, que le son qui en ressort.

Sing Song (Creatures, 2016)

Cette pépite issue de l’album Creatures, a été une de mes plus grosses claques émotionnelles musicalement parlant. La première fois que je l’ai écouté, la beauté de ce morceau a été si brutale que les larmes sont sorties de mes yeux avant même que l’information du « pourquoi » n’arrive à mon cerveau. Cinq ans après, j’ai toujours cette boule dans la gorge dès la première mesure.

Sing Song : Embarquement immédiat avec Rone et ses créatures
Illustration de Liliwood qui a signé toute l’identité graphique de l’album Creatures

Ce qui me plaît dans Sing Song, c’est le côté progressif. On commence en douceur, avec un thème en adéquation avec le titre, un mode mineur et une mélodie calme qui annonce peu à peu la suite : Un thème à la rythmique plus soutenue qui nous plonge dans une certaine nostalgie, un peu triste. Le genre de mélopée qui nous renvoie peu à peu à des souvenirs amers. Jusqu’à cette explosion, à 1’25, qui vous arrache littéralement le cœur et font s’entremêler à l’instar d’une tempête, au rythme des différents instruments et mélodies, tous vos sentiments, toutes vos pensées les plus sombres : Les regrets, le spleen, la rage… mais on y voit à 2’25, une éclaircie presque victorieuse, pleine d’espoir, qui nous fait sourire. Le mineur se mêle au majeur, la tempête se calme pour laisser place à une période d’optimisme, où l’on se retrouve le sourire au bord des lèvres.

Sing Song, c’est l’histoire d’un bateau voguant sur une mer de souvenirs plus ou moins douloureux, un bateau qui tient bon malgré les remous et les écumes, malgré les vagues qui s’écrasent sur le pont et qui essayent de le faire chavirer. C’est un bateau qui ressort victorieux et qui termine son voyage sur une mer apaisée, éclairé par un rayon de soleil à l’horizon.

Mirapolis (Mirapolis, 2017)

C’est probablement mon morceau préféré de tout ce que j’ai pu écouter dans ma vie. Peut-être parce que j’ai l’impression d’y retrouver un peu l’intérieur de ma tête. Un mélange à la fois stellaire et chaotique où tous les éléments se frollent, s’entrechoquent et rebondissent dans tous les sens.

C’est un peu ma planète intérieure.

Mirapolis me fait beaucoup penser à une toile de Kandinsky, et plus précisément à Mouvement 1.

Vassily Kandinsky, Mouvement 1, 1935

Outre cette sensation de mise en musique de mon moi intérieur, ce qui me fait vibrer, c’est cette impression que Rone a écrit la partition de ce chef d’œuvre dans l’espace, flottant de planètes en astres, nous embarquant avec lui. Il n’y a plus qu’à fermer les yeux : On s’y croirait volontiers.

À 2’06, on semble arriver à une sorte d’apogée qui fait fuser mon cœur en des milliers d’étoiles.

À 3’00 arrive le pont musical, qui laisse l’occasion au palpitant de retrouver son calme et aux petites étoiles de reformer un cœur entier…mais la montée céleste nous indique que cela ne sera que de courte durée puisqu’une explosion symphonique, vient me troubler au plus profond de mon être.

C’est en cela que, selon moi, réside toute la virtuosité de Rone. Il enchaîne ses changements rythmiques, varie ses thèmes musicaux et ses instruments avec autant de dextérité que le fit Mendelssohn en son temps. On y retrouve aussi ce côté poignant, caractéristique du romantisme de Mendelssohn.

C’est exactement ça, Rone est un peu le Mendelssohn des temps modernes.

Si la couverture de l’album éponyme, ainsi que la scénographie de sa tournée ont été créé par Michel Gondry ( j’avoue que la participation de ce génie à l’album a achevé de l’élever au niveau du St Graal), le clip de Mirapolis a été réalisé par l’illustratrice Aurélie Castex, qui n’est autre que la sœur de Rone. Une vraie merveille!

La Grande Ourse (Tohu Bohu, 2012)

C’est à la fois l’illustration de l’innocence enfantine. La douceur de la mélodie s’allie aux petites voix et à un rythme rappelant le trip-hop de la fin des années 90.

Lorsque j’écoute La Grande Ourse, c’est comme si j’étais projetée dans mon propre futur idéal. Je me vois assise dans l’herbe d’un jardin ombragé, subjuguée par les senteurs des végétaux naissants et regardant des enfants se courir après, jouer, cueillir des pissenlits, manger des cerises. La plénitude.

La Grande Ourse est le morceau rassurant par excellence, comme un doudou que l’on prend dans ses bras et que l’on respire à plein poumon pour se sentir mieux. On enfonce ses écouteurs au plus profond dans ses oreilles et il n’y a plus qu’une chose à faire : profiter.

Pour écouter le reste de l’album Tohu Bohu

Bye Bye Macadam (Tohu Bohu, 2012)

J’ignore si j’ai été influencée par le titre, mais Bye Bye Macadam m’a toujours évoqué un « nouveau départ » – d’ailleurs, dans Mirapolis, l’artiste a co-écrit une chanson qui se nomme Quitter la ville – et je m’y retrouve forcément, dans mon obsession d’arriver un jour à retourner à la campagne. Ce morceau est l’évocation même du rêve (surtout à partir de 1’40) d’un retour aux grands espaces verts, aux promenades dans la forêt, ou aux courses dans le sable d’une plage. Vous savez, c’est cette grande et profonde respiration que l’on prend après un gros ras-le-bol.

Mais plus que ça encore, je trouve que l’on ressent vraiment à partir de 3’00, la notion d’adieu mélancolique, avec comme une pointe de regret ou de nostalgie, de regarder la ville s’éloigner de soi.

Au delà de la musique elle-même, Bye-Bye Macadam a été un des premiers Rone que j’ai écouté en 2012. La nostalgie heureuse est donc bien présente ici.

Clip dirigé par Dimitri Stankowicz. ( Wooooooooow….)

Mais aussi….

Rone a aussi la capacité de créer des musiques qui vous donnent une irrépressible envie de vous dandiner, avec des noms bien sympas ( et qui je trouve, lui ressemblent bien), comme Bachi-Bouzouk ( Apache, 2014) , So So So (So So So, 2011) ou Aya Ama ( Spanish Breakfast, 2010), toujours avec cette même virtuosité. Car là où il se démarque, c’est qu’il fait partie des rares musiciens électronique dont les titres n se démodent jamais.

Je ne pourrai décemment pas parler de toute la discographie de Rone… Je vous invite vivement à le découvrir sur n’importe quelle plateforme d’écoute. En attendant, je vous laisse avec un bonus émotion : Vood(oo). Juste regardez, écoutez.

Alors, elle vient la petite larmichette ou bien ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑

Créer un nouveau site sur WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :