Ashnikko, l’alien du rap US

Il y a un an, à une vache près, alors que je me promenais sur Instagram, je tombais sur la vidéo d’une jeune fille aux cheveux bleus, arborant un look excentrique à la Cyberdog.
Par curiosité, je décidais d’en chercher un peu plus sur elle, et découvris alors une rappeuse complètement déjantée, qui, à cette époque, ne faisait « que » des featuring avec d’autres rappeurs et DJ plus ou moins célèbres, tels que Raf Riley (avec qui elle a créé Sass Pancakes, dont le bon beat bien gras tourna longtemps en boucle dans mes oreilles…) ou encore Jadded. Ayant totalement adhéré au personnage pourtant aux antipodes de mon propre style (mais pas de celui que j’avais une décennie auparavant, bien au contraire niark niark niark), je décidais de suivre son compte Instagram.

Quelques mois plus tard, Ashnikko sortait son premier single solo Blow, avec une pochette aux tons pastel où la chanteuse apparaissait en petite fille sage, retenant son souffle.
J’appris plus tard que ce premier morceau était une sorte de revanche prise sur les acteurs du harcèlement scolaire qu’elle vivait au quotidien étant ado. Dans mon petit coeur mou, pour la démarche, elle gagnait un point ! Le morceau était frais, rythmé, cela me plaisait bien, excepté le pont musical vocodé : NO WAY !!!!!


« I can make you all remember me
Speedwalk burning rubber on my enemies 
I misstep yeah we never see
A knife in my back but you never be the death of me « 

Puis les titres se sont enchaînés, avec un style de plus en plus affirmé, et toujours ces petites pochettes acidulées…. À chaque fois, la même réaction : d’abord du rejet, un « oh non, je n’aime pas du tout » puis, une deuxième écoute et dix autres… Je découvrais une artiste à mi chemin entre Eminem, M.I.A et Björk. Cela provoca très vite en moi, une adhésion infinie à cet univers de douce rébellion….Car chez Ashnikko, comme tout bon rappeur digne de ce nom, chaque chanson est engagée sur une thématique bien définie.

Elle refuse d’abord d’être une gentille fille aux yeux d’un homme dans Nice Girl


 » He says he wants a nice girl
I’m that fuck up your life girl
I don’t wanna be a nice girl
Bad, bad, I ain’t right, girl « 

Elle se prend ensuite pour une vilaine chasseuse de « friandises » dans Halloweenie

Elle dénonce enfin le harcèlement sexuel avec Invitation, en featuring avec Kodi Shane. Je n’adhère pas forcément au passage chanté par Kodi Shane, mais ce morceau reste cependant l’un de mes favorits de par la véracité des propos tenus par Ashnikko et sa comparse. Une réalité trop souvent vécue par des milliers de femmes de par le monde. Un gros doigt d’honneur est donc fait, tout en « finesse » et rythme, aux « porcs » de notre société qui se permettent de nous voir comme des bouts de viande dès lors qu’un bout de cuisse ose pointer son nez. Mais c’est aussi pour elle le moyen de dénoncer le harcèlement de manière plus générale : trop prude, sage, ou trop vulgaire…. Les insultes fusent souvent sans que les mots soient pesés, sans penser qu’elles ne sont pas catapultées à un tas de viande, mais bien à un cœur, une âme et un cerveau….elle clame ainsi  « Call me prudish call me bitchy, Knock you out without a semi  » –>Oh yeah !
Encore une fois, l’image d’une jeune première de classe à lunettes vient illustrer à merveille. 


 » I can’t even wear my skin
Without them asking where I’ve been
Without them asking for a spin
This is not an invitation « 

Le p’tit dernier, c’est No brainer, sur les liens du mariage (enfin si j’ai bien compris ;p). Premières notes trash et agressives, on enchaîne sur un loop so 90′ beaucoup plus calme et un rythme qui donne terriblement envie de se dandiner! 
D’ailleurs, le clip, comme souvent signé Donny Johnson est totalement survolté !! 

Mais qui est ASHNIKKO?

Bien que très excentrique et sans langue de bois dans ses chansons, Ashnikko reste très discrète quand à sa vie privée. (Et c’est aussi peut-être pour cela qu’on l’aime tant ?) La jeune femme est née le 19 février en Caroline du Nord (U.S.A) et semble avoir la petite vingtaine. Très jeune, elle déménage avec sa famille en Lettonie, à Latvia. Elle y restera toute son adolescente et est la seule américaine de sa classe. Victime de harcèlement scolaire, la jeune fille trouve refuge dans le RAP qu’elle écoute d’abord, puis crée; et voit sa résurrection dans ses week end qu’elle passe à Londres. Elle finira d’ailleurs par y vivre avant de retourner aux Etats-Unis, à New-York, plus précisément.
Pour l’artiste, la musique a réellement été un moyen pour lutter – ou plutôt mieux vivre – une crise identitaire très forte, accentuée par des moqueries au quotidien.
Avec un style atypique et une identité aujourd’hui très affirmée, Ashnikko a su s’envoler et vient de signer son premier album « Unlikeable » avec le label Digital Picnic, disponible sur itunes et autres plateforme d’écoute musicale.

Oh surprise!! La jeune fille sage a laissé place à Miss vomit!

Si l’univers d’Ashnikko vous a plu, je vous invite à la découvrir via Soundcloud, Instagram, Twitter ou encore Facebook, afin d’avoir un meilleur aperçu de ce personnage haut en couleurs !

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